Je le respire, j'ouvre les yeux, j'enregistre, j'emmagasine des couleurs, des images, des odeurs, à ranger avec les souvenirs heureux, pour plus tard, pour quand ça ne fera plus mal (est-ce que ça ne fera plus mal ?).
Je cherche des solutions qui ne m'appartiennent pas, je cherche des réponses que je n'ai pas, j'ai envie de dire des choses, de me taire, d'attendre et d'agir, je ne sais pas quoi faire puisque rien n'est entre mes mains.
Il y a un moment où on se sent tellement mal qu'on pense ne plus pouvoir relever la tête, même si objectivement on aurait presque tout pour être heureux. Parce que tout ça n'est pas rationnel. Dans ces cas-là, c'est toujours la - ou les - personne(s) qu'on aime le plus qu'on se met à ne plus supporter, voire à détester, et qu'on veut éloigner, qu'on a envie de frapper. Toute leur sollicitude devient écoeurante, et lourde à porter alors qu'on se sent déjà lesté de tous ces poids.
J'aurais du le savoir, j'en connais tellement qui sont passés par là, mais on oublie vite quand les choses vont bien...
Je ne supporte plus rien, je craque, je stresse, marre de pas vous voir, de parler par écrans interposés de rien entendre, de ne rien dire, de ne rien faire pour que ça change...